Semaine 48 Réflexion
Début janvier 2012, je me
lançais dans l'aventure d'un projet 52 un peu en catimini et sans réellement savoir où cela allait me mener. Près de douze mois plus tard, je vous livre mes réflexions sur cette expérience marquée par le rythme métronomique d'une photo par semaine.
Premier constat, et non des moindres, je me suis littéralement prise au jeu. Très rapidement, j'ai mordu à l'hameçon, me surprenant à attendre avec impatience la révélation du thème qui occuperait ma semaine, réfléchissant au quotidien à la manière de l'interpréter, impliquant mon entourage dans mes élucubrations photographiques... Ma fille et son chéri ont du reste activement participé à plusieurs photos (merci les Doudous!). La découverte des photos de mes comparses photographes a également participé pour beaucoup à mon plaisir (merci les copains!). La "confrontation" avec d'autres regards, d'autres idées est indéniablement formatrice et stimulante.
Ceci dit, en participant à cet exercice, c'est d'abord à moi-même que je voulais me confronter et dans cette optique, la contrainte du thème imposé a joué un rôle prépondérant. J'avais envie de savoir si j'étais capable de faire des photos sur n'importe quel sujet dans un délai donné. Se contraindre à l'inspiration n'est pas évident. Certains y sont totalement réfractaires. Mais pourquoi donc n'y aurait-il que les muscles qui fonctionnent mieux avec l'entraînement? Pour moi adhérer au projet 52, c'est souscrire à un abonnement de fitness occulaire et de yoga de l'imagination, afin d'envisager le monde autrement et d'essayer de ne pas faire les mêmes photos que les autres. J'ai parfois bien transpiré mais c'est en faisant du sport que l'ont devient photographe non? Au fil des semaines, j'ai appris à me faire confiance, à me laisser guider par mon inspiration ou surprendre par l'imprévu. Et même lorsqu'un thème ne me parlait a priori pas vraiment, j'ai réussi à en tirer quelque chose. Je ne me lance pas des fleurs, il y a du bon et du nettement moins bon dans mes photos mais indépendamment de la réussite de l'image, je retiens le processus de réflexion qui la sous-tend, la manière de traiter le thème donné, la volonté d'éviter autant que possible la banale évidence en recherchant parfois le second degré. Ces défis hebdomadaires ont aussi été prétextes à utiliser des techniques photographiques différentes. Flous, reflets, macros, tilt-shift, panoramas, filés, superpositions, jeux d'ombre et même autoportrait comme cette semaine, j'ai tenté de diversifier mes approches pour apprendre quelque chose ou perfectionner ma maîtrise photo. Ce projet m'a certainement offert l'opportunité de faire des images que je n'aurais pas faites sans lui, parce que justement l'émulation collective aurait fait défaut. Sans la présence du groupe, la confrontation a moi-même n'aurait été qu'un leurre. Du Je au Nous, la boucle est bouclée (parole d'une frisée!), enfin presque. Elle ne saurait l'être totalement sans parler de ce groupe précisément, de tous ces fous-tographes qui se sont creusés l'objectif pour alimenter régulièrement ou plus épisodiquement ces semaines d'images. Et ils ne se sont pas limités à cela, ils ont nourri cette expérience d'échanges qui lui ont donné toute sa saveur et m'ont offert sur un plateau leur univers photo que j'ai découvert avec plaisir et intérêt.
Au chapitre des points un peu moins positifs, il faut bien reconnaître que même avec la meilleure volonté du monde, il n'est pas toujours facile de trouver le temps de faire un photo correcte dans le délai imparti, que malgré les belles théories énoncées ci-dessus, l'inspiration se la joue parfois peau-de-vache et que l'on arrive pas à réveiller le génial Depardon qui sommeille en chacun de nous. J'ai par ailleurs regretté la redondance de certains sujets qui nous ont été soumis (le sucré et la gourmandise, le titre d'un film, le titre d'un livre, le titre d'une chanson) ou la prévisibilité de certains autres (les saisons). Ceci dit, j'imagine bien qu'il n'est pas facile de satisfaire tout le monde. Si cela peut être utile à d'autres, je trouve très pratique d'avoir connaissance des thèmes de la semaine suivante dès le vendredi. Cela permet d'y réfléchir tranquillement le week-end, de faire des essais, voire même déjà de réaliser sa photo. En hiver, c'est particulièrement appréciable si on travaille et que l'on veut faire des photos à la lumière du jour.
Nous n'en avons pas encore fini avec ce projet 52 (qui se transforme en projet 53 selon les informations fournies par l'organisateur) mais j'aimerais d'ores et déjà dire un GRAND MERCI à Donlope pour son initiative et pour l'organisation de ces rencontres photographiques hebdomadaires. Après avoir mis un point d'honneur à tenir le rythme tout au long de cette année, je n'enchaînerai pas sur un nouveau projet 52 en 2013. A l'image de la photo que je vous propose cette semaine, je souhaite me donner le temps de réfléchir à l'évolution de mon travail photographique pour m'orienter vers des expérimentations personnelles et artistiques moins ponctuelles. Je reviendrai très certainement sur le sujet lorsqu'il sera mûr.
D'ici là, très belle fin de semaine à tous et rendez-vous dès dimanche pour un grand brainstorming en image chez
Donlope!