Ce n'est pas un secret, j'aime la langue française, sa sonorité, ses complications aussi. J'aime jouer avec les mots, ressentir les nuances qu'ils contiennent, les émotions qu'ils suscitent en moi. En préparant ce billet je m'interrogeais sur son titre et son contenu. Comme souvent, c'est en regardant et en m'imprégnant des images que l'inspiration me vient mais n'allez pas croire qu'il me suffit d'y jeter un oeil distrait pour que les idées jaillissent. Le processus prend un peu plus de temps et commence fréquemment par des banalités affligeantes. En l'occurrence, vous l'avez échappée belle car je songeais d'abord à un truc consternant genre "Quand le soleil se lève" et il s'en est fallu de peu pour que je me lance dans une tirade poético-gnagnan sur le lever du jour. Dans un sursaut d'orgueil, je me suis dit que je pouvais trouver mieux et qu'il était préférable de remettre au lendemain la rédaction de ces quelques lignes. J'ai bien fait.
La nuit, qui porte conseil, et le petit jour ont livré à mon esprit encore embrumé un potron minet un peu saugrenu. Potron minet, quelle étrange expression! N'aurait-il pas mieux valu parler de l'aube, ce mot doux et poétique, ce mot rond que que l'on prononce la bouche en Ô, en eau plutôt, pour parler du lever du soleil sur mon lac? Parce que, avouez, potron minet, de nos jours, ça sonne un peu loufouque. On se demande bien ce que fait ce potron (non non pas poltron) avec un minet à une heure où de toute façon on ne croise pas un chat??? La preuve, les mouettes dansent....
Mais finalement, je crois bien que je préfère encore potron minet à aurore. Vraiment ce mot-là me fait horreur.
Bref, tout ça pour vous dire que je vous raconte très bientôt ce que je faisais la semaine dernière sur le lac à une heure absolument indécente pour le commun des mortels.
Avant le lever du jour le lac est délicatement pastel. Lorsque le soleil apparaît, il se teinte d'or