lundi 29 novembre 2010

De la neige et du beau temps

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- Hé, salut Monique, ça va?

- Mais oui, ça va et toi, Josette, ça va?

- ça va gentiment, comme le temps…

- Euh oui, incroyable toute la neige qui est tombée ces jours, et puis il fait drôlement froid, figure-toi que….



C’est fou comme la météo nous sauve la mise parfois!

jeudi 25 novembre 2010

Le regard caméra

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Fin août. Sa mère et sa soeur étaient déjà là et l'attendaient depuis un bon moment. Elle est enfin arrivée, longue, fine, élégante, mais sa mine boudeuse et son regard exaspéré m'ont d’emblée laissé augurer du pire.


Du bout de ses jolies lèvres soigneusement peintes en rouge, elle a laissé échapper un minuscule bonjour à mon attention pour immédiatement signifier d’un ton agacé à l’auteure de ses jours qu’elle n’avait pas que cela à faire et qu'elle ne voulait pas y passer l’après-midi. Comme entrée en matière pour ma première séance de portraits mère-filles (en extérieur), je pouvais rêver plus encourageant! J’avais intérêt à savoir ce que je voulais et à ne pas me louper, ce qui compte tenu de mon inexpérience en la matière n’était pas gagné d’avance…

Un peu crispée par le manque patent de bonne volonté de fille cadette, je me suis bravement mise à l’ouvrage en priant le Saint patron des photographes pour qu’il me donne l’inspiration nécessaire et ne m’embrouille pas dans mes réglages.


Mais ce brave Saint s'est trouvé fort démuni face à la redoutable mistinguette qui n'a cessé de ramener son grain de sel. Non cet endroit ne convenait pas, et vraiment cette pause était ridicule, trop artificielle et mieux valait la prendre sous son autre profil ….   C'est peu dire qu'il m'a fallu déployer des trésors de zénitude pour ne pas tout planter. Et après trois quart d'heure de cet exercice, alors que je tentais maladroitement d'expliquer ce que j'attendais, elle s'est exclamée l'air excédé :

"Vous voulez un regard caméra quoi!"

J'en suis restée scotchée. Bon dieu, mais qu'est-ce que c'était que ce truc?

D'un air faussement entendu, j'ai vaguement acquiescé et ai rapidement terminé mes photos sans plus rien ajouter.



Un peu plus tard, assise devant un somptueux cappuccino, la belle a enfin cessé de me faire mousser. Abandonnant son air suffisant, elle s'est mise en mode sourire et s'est d'un coup livrée devant mon mon objectif abasourdi à une vrai numéro de grâce enjôleuse.

Ce n'est que le lendemain que j'ai appris que la demoiselle suivait les cours d'une prestigieuse école de théâtre et ne rêvait que de brûler les planches.

Salut l'actrice!

mercredi 17 novembre 2010

L'effet Negroni


Fin d'après-midi à Milano, après quelques déambulations pseudo-culturelles, il fait soif!

Va bene, c'est l'occasion rêvée de s'initier au fameux aperitivo italien. A Milan, pas question de se satisfaire d'un verre et de quelques cacahouètes ou autre cochonneries mondialisées. Entre 18 h et 21 h., les consommations servies dans les bars sont accompagnées de crostini, charcuterie, fromages, olives et autres petites délicatesses à l'italienne, servis à volonté et gratuitement!

Et pour être vraiment in the mood, c'est un "Negroni" qu'il vous faut dans la main. S'il s'avère un peu rugueux au premier abord, il sait se faire chaleureux et séduisant pour mieux vous embobiner. Mais méfiez-vous, c'est un vrai tombeur qui ne manquera pas de vous surprendre au moment où vous vous y attendez le moins.

Assise bien au sec dans un petit bar sympa, je n'allais pas faire la gueule  à  tant d'amuse-bouche et me suis adonnée pendant plus d'une heure à  de joyeuses libations. Puis, toute guillerette, j'ai estimé qu'il était grand temps d'aller témoigner l'ardeur de ma foi à mon Romand enchanté. Mais en sortant du bar, j'ai été victime d'un étrange problème de vision. Vous me croirez ou pas, j'ai vu rouge, enfin plutôt j'ai vu de toutes les couleurs, comme s'il pleuvait en polychromie...

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Et immédiatement après j'ai vu trouble....

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Plus curieux encore, j'ai vu double et  me suis retrouvée affublée d'un Romand  fantomatique à trois pattes qui de surcroît portait mon sac à main?!?



C'est un peu ébranlée que je suis finalement parvenue à notre hôtel, mais hélas mes velléités coquines avaient largement pris l'eau et mon humeur primesautière s'était évanouie dans le caniveau. Et au lieu de me lover dans les bras de mon Romand d'amour, c'est dans ceux de Morphée que j'ai immédiatement sombré...

Quel traitre ce Negroni!


Le Negroni est un cocktail composé de campari, de gin et de martini. Selon le guide du routard, les doses d'alcool sont parfois périlleuses...

dimanche 14 novembre 2010

Dimanche soir sur terre

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Tous les dimanches, le même scénario se répétait invariablement. Lentement, presque imperceptiblement, la chose tapie au fond de mon ventre se réveillait . D’abord, je ne ressentais pas grand chose, à peine un léger picotement, mais plus les heures avançaient, plus elle reprenait vie.

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Dès 15h., mon ventre raidi commençait à se tendre pour très vite se tordre, se nouer et étrangler tous mes organes internes jusqu’à me faire hurler grâce. Mais j’avais beau implorer, négocier encore un peu de répit,  la chose restait sourde à mes supplications et l’horloge continuait impassible son inexorable marche vers le lendemain.

A cette époque, la seule perspective de devoir me rendre au bouleau boulot, le lundi matin, me plongeait dans des abimes d'angoisse et me filait la nausée.

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J’étais très jeune, c’était mon premier job et je n’avais encore jamais rencontré d’échec. Je me suis obstinée à croire que j’étais faite pour ça, malgré tous les voyants passés très vite au rouge. Il m’a fallu près d’un an de ce régime pour comprendre qu’un titre aussi prestigieux soit-il ne valait pas le calvaire que je m’imposais.

Ma vie professionnelle a pris une orientation différente que je n’ai jamais regrettée. Et depuis, mes dimanches après-midis sont aussi sereins qu’un paysage du Jura sous le soleil de novembre…

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Le Lac de Joux et la Dent de Vaulion

mercredi 10 novembre 2010

Les copines

                                                                                                                                          
Il y a eu la peau de vache qui trouvait que j’avais les cheveux couleur queue de boeuf,

l’intello réac qui vivait dans  un squat, révisait ses cours en hiver avec des mitaines et chauffait  l’eau de son bain au feu de bois,

l'extravertie exhubérante qui ne te laisse pas en placer une et te pompe l’air en moins de deux,

l’ascète qui court plus vite que son ombre et mange moins que bon nombre,

la compatissante capable de pleurer avec moi quand un mufle me largue  la veille de notre départ en vacances,

la douce rêveuse qui  m’accompagne en montagne en emportant uniquement des jupes,

l’anticonformiste qui épouse un jeune étranger de près de 30 ans son cadet et lui offre de porter le nom de son ex-mari,

la fidèle qui m’écoute quotidiennement vitupérer, m’emballer, me questionner...

et depuis que je me balade dans la virtualité, il y a la croqueuse d’images merveilleuses, la créative qui m'inspire et à laquelle j’ai envoyé cette image dernièrement.


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Pourquoi?

Et bien parce qu'il s'agit de ma réponse à une photo que ma copine Laurence m'a envoyée dans le cadre de nos duos italo-suisses.

Pour voir notre diptyque, c'est  ici...

lundi 8 novembre 2010

Connecting people… & gods


Raconter une histoire ne me pose généralement pas de problème. Je sais utiliser les mots, construire et structurer un récit. Raconter une histoire en image, en une seule image, voila qui est singulièrement plus compliqué.

Selon David Duchemin (dont j’ai déjà parlé il n’y a pas si longtemps), pour qu’une photo contienne ou suggère une histoire, elle doit contenir un conflit. Le conflit peut résider non seulement dans les contrastes visuels (tons sombres/clairs, couleurs vives/ternes) mais également  dans des contrastes plus conceptuels (jeune/vieux, neuf/ancien, mécanique/naturel etc.).

Lors d’une cérémonie religieuse dans un temple à Bali l’été dernier, j’ai d’emblée été intriguée par un tout jeune garçon, debout au milieu de la foule des fidèles assis, qui se tournait dans tous les sens avec son téléphone portable à bout de bras.
 
Les lunettes à soleil coincées dans le turban traditionnel, le téléphone portable bien en évidence lors d’une cérémonie religieuse,  l’opposition entre la tradition et la modernité m’ont rappelé les mots de ce célèbre photographe et m’ont semblé assurer l’intérêt visuel de cette image.

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Peut-être ne cherchait-il rien d’autre que du réseau pour communiquer avec les dieux?

vendredi 5 novembre 2010

Comment se faire son cinéma...




Facile, bien trop facile ma dernière petite énigme, vous avez prontissimo identifié la capitale lombarde et son célébrissime Duomo, la troisième plus grande église du monde catholique après St-Pierre de Rome et la cathédrale de Séville!


Les photos de mon dernier billet étaient très mouillées mais heureusement qu’avant que le ciel nous tombe littéralement sur la tête, le soleil nous a juste laissés le temps de faire quelques photos bien touristiques. Nous en avons profité pour grimper au sommet de cet incroyable édifice et admirer le panorama en dévorant un ouvrage sur l'architecture gothique italienne au XIVème siècle.


Euh, en fait ça c'est la version officielle. Entre nous, si nous avons escaladé les 160 marches qui mènent au toit de la vénérable église, c'est sutout pour nous la jouer Delon et Girardot et nous  immortaliser dans des poses improbables au milieu d’une véritable dentelle marmoréenne (et accessoirement d'une foule de touristes plutôt envahissants).

Mouais, finalement mieux vaut plutôt vous montrer ici des détails de cette splendeur gothique ornée de plus de 2000 statues et d’une centaine de flèches que le résultat de nos délires pseudo cinématographiques…


Bon, c'’est bien joli de se prendre pour des vedettes, mais si tant de beauté architecturale et de culture nourrissent les âmes, les gosiers eux s’assèchent!

A 17h. et quelques gros nuages, il est grand temps que je vous emmène prendre l'apéro. Vous me suivez?
                                                                                                      

mardi 2 novembre 2010

Parce que….


..les vacances ne sont hélas plus qu’un lointain souvenir et que la routine, ce poison, n'aura pas notre peau,

…même si la météo prévoyait que les saints allaient pleurer toutes les larmes de leur corps en ce week-end prolongé, il fallait que je nous emmène ailleurs pour ne pas nous diluer dans un quotidien grisouille,


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…le dimanche précédent je me suis fais peur à traîner toute la journée en pyjama informe comme une larve en pré-hibernation,

…il était hors de question que je réédite un tel crime de laisser-aller,

… j'avais envie de le surprendre, de faire pigeonner mes atouts et roucouler le zoiseau,



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...je le voulais aussi élégant que les autochtones,


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….je souhaitais le conduire sous la coupole pour qu'il fasse un voeu en dansant sur la virilité d’un taureau antique.

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Alors je l'ai enlevé sans préavis,  l'espace de quelques heures....





Avez-vous deviné où nous a conduit notre petite fugue très arrosée?