jeudi 30 septembre 2010

Bali, entre dieux et démons


Oui, je l’avoue,  ce qui devait arriver est arrivé, j’ai commis un crime de lèse-démon:

j’ai mis les pieds dans le plat!

A ma décharge, il faut dire qu’il y en a vraiment partout de ces petits paniers garnis, sur les trottoirs, sur le seuil des commerces et des restaurants, à la plage et même sur les voitures, à tel point que les éviter relève de la gageure.

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En fait, il ne s’agit ni de lots de tombola, ni de décorations pour touristes, mais d’ offrandes destinées aussi bien aux dieux qu’aux démons. Car comme à Bali tout est équilibre, si l'on rend hommage au dieux ou aux ancêtres, il ne faut pas surtout pas oublier les démons, histoire de ne pas faire de jaloux! Bon, mieux vaut tout de même être un dieu qu’un démon. Les paniers d'offrandes destinés à ces derniers sont moins jolis et déposés à même le sol, partie la plus impure de la Terre. Ils sont aussi remplis de choses souvent beaucoup moins ragoûtantes et peuvent contenir de la nourriture avariée car de toute façon,  les démons sont goulus et ne font pas de différence.

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Les dieux sont par contre beaucoup plus délicats et les offrandes qui leur sont destinées nettement plus raffinées !  Constituées de pétales de fleurs, de riz, et de nourriture sucrée, elles sont surmontées d’un bâton d’encens, placées sur des autels en hauteur et  copieusement aspergées d'eau bénite.

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Heureusement pour la paix de mon âme, les Balinais se fichent comme de leur dernier sarong de mes piétinements. Tout ce qui compte pour eux est de faire une offrande matin et soir, tous les jours, toute l'année. Et ils sont tous d’une assiduité remarquable!

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Les grandes occasions donnent lieu à des offrandes  beaucoup plus conséquentes et recherchées. Elles peuvent prendre la forme de pyramides colorées de fruits ou de gâteaux, voire même d’animaux entiers cuits à point. Ces jours-là,  et ils sont nombreux, les temples ressemblent à des lieux de rassemblement pour pique-niqueurs surchargés!

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Mais là où ils sont drôlement futés, les Balinais, c’est qu’ils se contentent de présenter leurs offrandes  aux dieux pour en offrir l’essence qui parvient à leurs destinataires grâce à la fumée de l’encens. Une fois la cérémonie achevée, ils repartent avec leurs victuailles pour les manger tranquillement à la maison. 

Et bien moi, je dois dire que cette façon conviviale et festive d’envisager la religion me plaît beaucoup!

lundi 27 septembre 2010

T ki?

Hé toa!
toa ké la en face de moa é ke jvoa pa,
Di moa coman té tombé la?




Sa fé 6 mois ke sur la toal,
je cherche mon étoal,
6 mois ke jte balance mé foto é ma proz,
alor va zi, oz!




fie ou ga,
Di moa ski t'plé ché moa,
ou ske tu kiffe pa,
M'laisse pa comme sa,
di moa, t ki toa?
c où chez toa?





Scuse moa, j'veux pas t'fer peur,
chui pas rappeur,
chui juste curieuz
é trè zeureuz,
k'tu prenne le tan, parfoa, souvan,
d t'arété la pour regardé
é mèm comenté

alors fé moa plaisir
é vien me dir
T ki toa...

jeudi 23 septembre 2010

A l’Ouest quoi de nouveau?


Bientôt un mois qu’elle est partie. Des débuts pas si faciles pour elle, des prises de conscience, des crises de larmes…

Elle là-bas, moi ici, mais une envie commune de créer quelque chose ensemble par-delà la distance, de nous donner un projet qui nous rassemble et qui nous ressemble. Loin des yeux, près du coeur n’a jamais été aussi vrai pour toutes les deux.

Et comme depuis peu, elle s'intéresse aussi à la photo, nous avons décidé de mettre en images cette année qui nous sépare.

Un thème donné, deux images par mois, réalisées  indépendamment l'une de l'autre sur notre coin de planète respectif, puis assemblées et mises en mots pour créer le calendrier de notre année 2010-2011.

Il s’ouvre aujourd’hui sur un septembre un peu mélancolique, introspectif, reflets de nos états d’âme du moment. Les mots sont les siens, mais je trouve qu’ils rejoignent les miens dans une étonnante complémentarité…

Un petit clic pour voir grand!

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Elle
Une petite fille inconnue croisée sur la plage de York Beach, dans le Maine. On ne s'est pas parlé mais je me suis reconnue en elle, si fragile face à l’immensité de l'océan. Pas facile de grandir, le monde adulte me semble hors de portée mais je dois m'encourager pour dépasser mes doutes. Je commence à mesurer toute la signification des mots transition, évolution, changement...
Moi
Le chemin est irrégulier, chaotique parfois. J’avance entre ombre et lumière. Il m’arrive de trébucher, de me faire mal mais même si je ralentis ma course, je continue. Je sais aujourd’hui que la saveur de la vie naît aussi des difficultés surmontées.

lundi 20 septembre 2010

Photo-fricotter

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L'an dernier, lui et moi étions de parfaits étrangers. Nous nous regardions en chien de faïence sans véritablement oser nous adresser la parole. Certes, j’étais inexpérimentée et montrais peu d’ouverture à ses focales qui me filaient en vitesse des boutons, mais il ne facilitait pas non plus le dialogue avec toutes ses fonctions. Quant à mon obsession à ne voir en lui que son côté automatique, elle l’irritait à tel point que, vexé, il ne me proposait que des images grisouilles et sous-exposées.

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Obstinée, j’ai heureusement  continué nos tête-à-tête jusqu’à nous apprivoiser mutuellement. Il m’a alors gentiment fait découvrir son mode A et m’a initiée aux plaisirs subtils des arrières-plans créatifs. En échange, je lui ai fait cadeau un nouvel œil qu’il peut grand ouvrir, lui permettant ainsi d’écarter très souvent son blafard rival, le flash.

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Et quand nous nous sommes mieux connus, je me suis plus souvent aventurée dans la profondeur de son champs. Bien sûr, mon objectif est de lui en offrir d’autres, surtout pour lui permettre de voir encore plus près et de chercher avec moi  la petite bête, mais il nous faudra attendre encore un peu….

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Mais même si jusqu’à ce printemps nous avons trouvé un modus « photographendi » à peu près acceptable, ce n’est que cet été, après un an de chastes fricottages, que nous avons réellement franchi le pas.  A Bali, nous ne nous sommes pas quittés pendant 15 jours et avec lui, j’ai enfin osé me lâcher. Je l’ai emmené partout et l’ai tripoté comme jamais. Il n’a certes pas aimé toutes mes papouilles mais quelques unes lui ont fait friser l’extase. C’est à la plage surtout, loin de notre transat, que nous nous sommes livrés aux plus audacieuses galipettes. Nous avons pris notre temps, tout notre temps et avons laissé la lumière nous caresser longuement. Des gens nous ont vus mais qu’importe.

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Nous en gardons des souvenirs un peu flous, irréels, mais si lumineux que nous n’avons qu’une idée:

RECOMMENCER!

Des photos volontairement floues, surexposées, des vitesses lentes et des réglages expérimentaux pour des photos aquarelles, miroirs, différentes de ce que j’ai eu l’habitude de faire jusque là...




mercredi 15 septembre 2010

Les glaciers se cachent pour mourir…

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Un peu interloquée, j’avais découpé la page de mon quotidien annonçant sa grave maladie et l’avais laissée bien en évidence sur mon bureau. Je savais qu’un jour ou l’autre je me rendrais à son chevet. Et c’est par un radieux dimanche de la fin août que j’ai chaussé mes grosses godasses pour lui rendre visite au coeur du  Grimselwelt, dans l’Oberland bernois. 


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Une nouvelle petite télécabine, beaucoup d’attente, une grosse heure de grimpette depuis le sommet dans un paysage typiquement alpin, une végétation rabougrie et un sentier qui s’enfonce dans un canyon…


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Puis au bout du canyon, après une ultime montée, il apparaît enfin.


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Mais qu'il a petite mine!

Le fier glacier du Trift n'est plus qu'une pauvre chose blanchâtre, recroquevillée au fond de la vallée. Il recule à vue d’oeil et n’est plus que l’ombre de lui-même. Et dire qu’il y a une bonne quinzaine d’années seulement, le lac de fonte n’existait pas. La glace couvrait toute la surface de l’eau et il était possible de traverser le bout de la langue glaciaire à pied. Aujourd’hui, il faut faire un effort d'imagination pour se le représenter remplissant toute l'étendue de la cuvette!

En 2004, le recul du glacier a rendu nécessaire la construction d’un spectaculaire pont suspendu pour que la cabane du Trift, à quelque trois heures de marche du glacier, reste accessible aux alpinistes.


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Mais impossible pour ma part de m’y aventurer, j'ai été saisie de vertige. Le vide sous mes pieds n’était pas le seul responsable, la mort en directe du vénérable colosse blanc dans ce magnifique cirque montagneux m'a glacé les sangs…

Les chiffres confirment que la quasi-totalité des glaciers suisses sont en train de fondre inexorablement. Le recul le plus spectaculaire a été observé au glacier du Trift, dans le canton de Berne, qui a totalise plus de 500 mètres de recul cumulé depuis 2002 (chiffre datant de 2007).

lundi 13 septembre 2010

Retiens l’été…

 
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Déjà l’été se pare de son calumet de lumière douce et revêt son poncho de brume matinale. Il se fait indien et s’en va sur la pointe des pieds. Sous nos latitudes, plus question de lézarder au bord de l’eau. Les nuits sont fraîches et les petits matins frisquets.


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Les plages balinaises me semblent loin, presque irréelles à tel point que je me demande si je les ai réellement foulées un jour. Et même si dans ma tête (et dans mon placard), je suis déjà en mode bottes et pulls douillets,  en regardant ces photos je me dis avec un brin de nostalgie que je reprendrai bien une tranche d’été, généreusement arrosée d’éclaboussures d’eau, d'éclats de soleil et de rires d'enfants!

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Bali, ce n’est pas encore fini. De nombreuses images attendent encore d’être traitées et mises en mots. Elles viendront réchauffer notre automne et le teinter d’un peu d’exotisme….

mercredi 8 septembre 2010

Pouvoir de séduction


Depuis le temps que nous nous fréquentons, vous ne m’en voudrez-pas d'oser une question un peu plus audacieuse:

Mesdames, comment un homme parvient-il à vous séduire à long terme?

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Et vous Messieurs, qu’est-ce qui chez elle allume et entretient durablement votre flamme?
 
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Bien sûr,  elle doit être plutôt bien faite, vive, spirituelle, compréhensive et pas trop ch…te.

Bien sûr, vous les aimez virils, solides, prévenants. Et dans vos rêves les plus fous, vous attrapez toutes le Prince charmant qui se consume d’amour pour vous, prêt à défier tous les dieux du ciel…


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Je ne nie pas avoir un temps partagé cet idéal un peu culcul, mais aujourd’hui, ce que je trouve sexy en diable chez un homme, c’est sa capacité renouvelée à me surprendre, à me transporter là où je ne m’y attends pas, quand je ne m’y attends le moins.


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M’emmener sans préavis prendre un café au coeur d’une bande dessinée de Lucky Luke. Me faire tourbillonner sur un air de Johnny Cash au milieu d’une bande de cow-boys plus vrais que nature, juste pour le plaisir de passer ensemble une soirée différente, ça peut paraître ringard, mais moi ça me fait totalement craquer.


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Je n'ai qu'un seul regret, qu'il ne m'ait pas suggéré de prendre mes bottes et  mon chapeau avant de partir samedi dernier. J'aurais adoré faire ma Calamity Spiruline au Far-West-Schweiz!

Ces photos ont été prises lors  de la “Country-night Schwarzsee” dans le canton de Fribourg le 04.09.2010

vendredi 3 septembre 2010

Nuit balinaise, nuit de braise

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Moiteur de l’obscurité qui fond sur la forêt tropicale, bougies et fumée d’encens , magie du lieu.

Une centaine d’hommes singes à demi nus entonne ses chak-a-chak-a-chak rythmés, entêtants, hypnotisants.

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Chak-a-chak-a-chak……

Prépare-toi à vivre une nuit brûlante!

Telle une princesse, je me pare d’or et de perles, j’enduis ma bouche de rouge carmin et noie mes yeux dans l'eau d'un lagon. Ce soir, je serai la plus belle pour aller danser, mais ne t’en déplaise, ce ne sera pas une javanaise.

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Chak-a-chak-a-chak……

J'exsude la féminité. Gracieuse et souple jusqu’au bout de mes doigts recourbés, je m’avance en de langoureux déhanchés, indifférente au cercle des hommes assis à même le sol. Je sais  comment te charmer, t’envoûter. Mes lèvres demeurent invariablement closes mais mon corps tout entier t’appelle. Je danse même avec mes yeux. Mes bras, serpents ondulants, te frôlent sans jamais te  toucher, pour mieux faire monter ton désir. Vague ondulante, je te provoque en excitant la convoitise de toutes ces mains tendues vers moi.

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Chak-a-chak-a-chak……

Mais leurs supplications me laissent froide. C'est toi que je veux, toi, le roi, le dieu de ma nuit.

Tu te fais mâle, imposant, bouillonnant. Je n’ai pas peur car je sais t’allumer bien plus sûrement que la flamme vacillante des torches. Tu te soumettras, je le sais, je le sens.

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Chak-a-chak-a-chak……
La fièvre te gagne, tu es sur des charbons ardents.
Chak-a-chak-a-chak……
Tu ne peux résister, ni calmer tes ardeurs.
Chak-a-chak-a-chak……
Brûlante, la danse devient transe.


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Chak-a-chak-a-chak……

Totalement envoûté, le corps en feu, tu enfourches ta monture et  te lances dans une chevauchée débridée, pressé d’éteindre l’incendie qui dévaste ton corps.
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Chak-a-chak-a-chak……

Et dans le tourbillon des fumées d’encens, dans l’obsédante litanie des incantations saccadées, tu t'appliques à exorciser tous nos démons dans la plus parfaite des liturgies, sacrifiant jusqu'à ta dernière énergie.

Mais que restera-t-il de toi, pauvre mortel, au bout de cette nuit de baise braise?

Ce texte est une interprétation très libre et toute personnelle du Kecak (ketchak), une danse créée dans les années 1930 pour divertir les touristes. Elle raconte un épisode du Ramayana, célèbre récit épique hindou, au cours duquel l'armée des singes commandée par Hannuman aide le prince Rama à délivrer son épouse Sita, prisonnière de Ravanna, le roi de Lanka, qui l'a enlevée. Ce spectacle atypique est dépourvu d'accompagnement musical, la base rythmique étant assurée par un choeur d’hommes assis en cercles concentriques qui imitent de manière ininterrompue le chak-a-chak-a-chak d’une bande de singes. Au cours de la seconde partie du spectacle, un homme en transe piétine pieds nus des coques de noix de coco incandescentes.